Ce blog : une envie de partager entre autres choses, mes voyages, et l’agacement causé par le « mal parler » actuel et chercher à comprendre pourquoi la langue française est ainsi déformée. Suis intéressée par le langage, l’écriture, la grammaire, les jeux de mots. Suis agacée par « les liaisons oubliées » Plus personne, ou presque, n’ose faire de liaisons, comme si c’était dangereux…
Ce sont les vacances, c’est le moment de se distraire, et je vous propose de le faire en lisant.
Je suis tombée « fada » de ce roman "la tête en friche" écrit par Marie-Sabine Roger"
C’est l’histoire d’une rencontre improbable qui peut changer une vie.
Celle d’un homme, Germain, tout simple, rustre, un peu grossier, presque analphabète,
Et d’une vieille dame, Margueritte, très érudite.
Il se développe une amitié très forte qui est racontée par le personnage masculin, avec un humour extraordinaire.. il faut faire l’impasse des quelques gros mots qui lui échappent, et on en retiendra surtout l’émotion.
Si sa tête est en friche, c'est qu'on ne l'a pas cultivée, mais c'est un philosophe candide, qui va s'ouvrir à la lecture grâce à cette rencontre.
Quelques phrases relevées vous permettront d'en juger...
Les mots, ce sont des boîtes qui servent à ranger les pensées, pour mieux les présenter aux autres.
Lorsque j’ai rencontré Margueritte, j’ai trouvé ça compliqué, d’apprendre le savoir. Ensuite, intéressant. Et puis, flippant parce que se mettre à réfléchir, ça revient à donner des lunettes à un myope.
Les chagrins des autres, dans le fond, c’est utile. On mesure la chance qu’on a de pas avoir les mêmes et on flippe en se disant que ça pourrait changer.
Les dictionnaires : une arnaque incroyable : pour pouvoir trouver un mot, il faut déjà savoir l’écrire ; ce qui fait que ça sert uniquement à des gens cultivés qui n’en n’ont pas besoin.
L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi, et puis, ça envahit comme du chiendent. Après c’est trop tard, le cœur on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse
Quand on aime quelqu’un il nous fait plus de peine à lui tout seul en étant malheureux, que tous ceux qu’on déteste, s’ils se mettaient tous ensemble pour nous pourrir la vie.
Et puis plein d'autres choses qui se dévorent avec le sourire des yeux et du coeur.
L'écriture est vivante, c'est un bonheur, et le parler tellement vrai dans la bouche d'un homme, alors que l'auteure est une femme.
Une adaption cinématographique en a été faite par Jean Becker, et c'est Gérard Depardieu qui interprète Germain et Gisèle Cadadesus, Margueritte.. Je vous assure qu'en lisant, vous entendez Gérard Depardieu, alors maintenant je vais chercher à voir le film.

Bonnes vacances !